Le bonheur c’est pas juste faire des choses l’fun mais surtout faire des choses significatives.
Juin 2018. C’était notre premier week-end d’amoureux à Magog et ses alentours. Significative fut cette soirée dans les bois à Foresta Lumina. Une ambiance magique dans la forêt enchantée. Éclairés par de jolies lanternes accrochées aux arbres qui bordaient les sentiers, nous les empruntions avec contemplation.
Une petite bruine délicate surplombait nos têtes. Tu avais apporté un parapluie rouge que l’on repérait facilement dans le noir, un objet sous lequel se précipitèrent nos rapprochements. À un certain moment, nous avons descendu une petite butte. Le sol semblait glissant. Tu m’as prit la main pour que je ne tombe pas. J’ai apprécié le geste et nous avons tous les deux ressenti une émotion nous envahir. Un premier sentiment amoureux se développait. Un bien-être. Une caresse. Un vent chaud qui apaisait nos vies tourmentées.
On a prit des tonnes de clichés. Ces doux souvenirs des premiers balbutiements de notre histoire sont gravés dans nos cœur et sur pellicule. Notre amour naissant comme une constatation évidente occupait tout l’espace. Du soir au matin et de l’aurore jusqu’au crépuscule. Il accompagnait chacun de nos regards, chacun de nos gestes.
Je venais de retrouver mon indépendance et une liberté nouvelle. Mes enfants étaient amenés à bon port. J’avais 51 ans mais souvent 15 dans mon coeur. J’étais prête pour une nouvelle aventure dictée par mes goûts propres et mes intérêts. Me demander ce que j’aimais était un apprentissage. Après plusieurs années à avoir fait passer mes besoins en dernier et ceux de ma famille en premier, je donnais la chance à ma vie de femme de s’épanouir à nouveau.
À l’intérieur de mon thorax, une musique de fanfare se faisait aller. Il y avait longtemps que je n’y avais prêtée attention. Après mûres réflexions, j’ai réalisé que ce que j’entendais c’était bien la grosse caisse. Aujourd’hui, trois ans plus tard, j’ai encore des papillons dans l’estomac. Ces papillons qui dansent au son de cette musique inlassable.
Notre vie est douce et trépidante. Nos rapports sont harmonieux. Mais ce qui m’épate le plus ce sont nos rêves qui se chevauchent et s’entrecroisent. Ils se nouent comme deux rubans qui se joignent afin d’acquérir plus de solidité tout en gardant leur fluidité. Des rubans qui virevoltent dans le ciel, se laissant guider par le vent en ne perdant pas de vue un point à l’horizon. Un point bien précis, un point d’ancrage où nous nous poserons, où nous serons heureux et aurons plusieurs petits-enfants.