Derrière mon sourire

Je suis une grande timide qui se soigne. Enfant, parler devant la classe était un vrai cauchemar. Même adolescente, appeler quelque part pour demander des informations était ma hantise. Parler à des étrangers me rendait très nerveuse, très stressée. Je perdais tous mes moyens. Je crois que j’ai eu mes enfants jeune parce que je me sentais bien en leur présence, je me sentais moins jugée des enfants que des adultes. Les enfants nous idolâtrent et nous mettent sur un piédestal. Et pourtant, Dieu sait que nos enfants nous jugent et nous critiquent en vieillissant!

Je suis également devenue coiffeuse, j’ai écouté mais j’ai aussi beaucoup parlé. J’ai surmonté ma timidité dans mon milieu de travail, avec les gens avec qui je suis à l’aise mais cette timidité est toujours là, au fond de moi. Elle resurgit parfois lorsque je suis avec des gens qui m’impressionnent ou qui m’intimident. Dans ces moments là, je fais des lapsus ou des gaffes. Je dis « RDS » au lieu de TVA sports à un journaliste de TVA. J’appelle mon nouveau chum « Richard » devant ma nouvelle belle-famille. Je me mets dans de beaux draps!

Bâtir une meilleure confiance en moi m’a aidé à vaincre mes peurs. Parce que dans la timidité, il y a beaucoup de peurs. La peur d’être jugée, la peur d’être ridiculisée, d’être critiquée ou même rejetée. Mais on ne peut pas plaire à tout le monde et lorsqu’on comprend bien cela, on s’efforce d’être soi, tout simplement et le plus naturellement possible. L’authenticité a toujours la cote.

À présent, je suis capable de rire de moi. Je suis capable d’accorder moins d’importance à ce que les autres pensent. Ma mère me parlait de « respect humain », prononcé, « respeckhumain ». C’est une vieille expression qui parlait du souci exagéré de l’opinion d’autrui et des « qu’en-dira-t-on ». Ma mère disait aussi, « si on ne vaut pas une risée, on ne vaut pas grand chose! »

S’affranchir de ce que les autres pensent de nous, nous permet d’avoir de l’auto-dérision, des relations plus vraies, de l’accueil et de l’ouverture face aux autres. La timidité, lorsqu’elle nous envahit renvoie une image de nous-même qui est biaisée. Soit, on passe pour quelqu’un de bête, soit, pour quelqu’un de renfermée ou d’inaccessible.

Ma timidité a longtemps été un frein dans ma vie, m’empêchant d’avancer. Même si maintenant, malgré elle, je réussi à relever plusieurs défis, elle sera probablement toujours là, elle fera toujours partie de moi mais je la gère mieux, je la contrôle mieux. Parfois je la range au fond d’une malle mais jamais à clé. Elle me surprend donc quand je m’y attends le moins. Je la cache souvent derrière mon sourire et quelques fois, j’en fais même mon alliée.

Ma mission de vie : apprendre et m’améliorer. Quelle est votre mission à vous?

Publié par Nancie Cousineau

Je suis une coiffeuse et une blogueuse. J'aime écrire des billets d'inspiration selon mes humeurs

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