13 ans…bientôt 30

Tu as d’abord pris le jour pour la nuit. Ton corps de bébé pour une prison. Tu as pris tes 2 ans pour la pré-adolescence. Tes anxiétés pour de la terreur nocturne. Tu as même pris ton rôle d’aînée pour un rôle de mère. Coupe les morceaux pour Jérémie plus petits, maman, il pourrait s’étouffer! ( tu avais 3 ans)

Tu as pris ton rôle d’enfant pour celui d’une fille trop mature. As-tu fermé les fenêtres maman? As-tu barré la porte? ( tu avais 4 ans) . Lorsque je te grondais, tu me disais : « on parle pas comme ça à un enfant! » Je me remettais toujours en question. Tu n’étais pas reposante et pourtant si attachante! Une sensibilité à fleur de peau. À l’âge où se gérer soi-même est comme vouloir élucider un cryptogramme impossible à décoder.

Tu as pris ton rôle de gardienne pour celui d’une sergente instructeur. Au pas! Au pas! Tu avais 13 ans, tu t’en allais déjà sur 30 tant tu étais réfléchie, décidée et…prompte. Tu voulais changer les meubles de place, tu prenais le contrôle de la cuisine ( sans laver la vaisselle ni ranger bien sûr ) La vraie adolescence est arrivée. Tu raisonnais comme une adulte, c’était facile de te faire confiance. Un peu moins avec mes articles de cuisine…lorsque je cherchais mes ustensiles ou mes plats de plastique, je n’avais qu’à aller faire un tour dans ta voiture ou sous une pile de vêtements sur le sol de ta chambre. Le matin, mon attitude n’était jamais correcte, soit je souriais trop, soit j’étais trop sérieuse, c’était toujours louche. Je ne savais jamais sur quel pied danser. Tu as pris ta mère pour une sainte et ton père pour celui sur lequel tu testais les limites. ( bravo pour sa patience, c’est ironique )

Tu étais colérique, tu étais directive. Un petit problème d’attitude mais une bonne tête sur les épaules. Quel paradoxe! J’ai lu plein de livres de psychologie , j’ai consulté des spécialistes . Au bout du compte j’ai surtout suivi mon instinct. Tu n’avais rien d’anormal. Tu étais juste une vieille âme dans le corps d’un enfant. Une petite fille qui se rebellait contre l’autorité parental. Tu ne voulais jamais te faire dire quoi faire. À l’école, avec tes amis, à l’extérieur de la maison, tu étais un ange. Je me consolais avec ça.

Tu as pris ton premier amoureux pour un « latin lover ». Ton deuxième pour un mystérieux « Arabo-Equatorien ». Pour finalement jeter ton dévolu sur un beau et bon bleuet du Saguenay-Lac St-Jean.

Tu as pris tes responsabilités professionnelles au sérieux. Au travail tu es efficace et très appréciée. Tu n’as pas les pieds dans la même bottine! Tu es une amie formidable et depuis 6 mois, une mère exceptionnelle. Ton dévouement total de par tes bras, tes seins et ton cœur te font mériter à mes yeux la palme de la mère de l’année.

Tes hormones, au lieu de te clouer au tapis ou de te faire grimper dans les rideaux, se sont juste remises à l’endroit. Avec la maternité, tu es devenue plus calme, plus douce, plus reconnaissante. J’te reconnais plus, tu es parfaite!

Tu as 30 ans ma belle grande fille, je t’aime et je suis si fière de toi!

Publié par Nancie Cousineau

Je suis une coiffeuse et une blogueuse. J'aime écrire des billets d'inspiration selon mes humeurs

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