Si je me replonge dans l’état d’esprit dans lequel j’étais souvent à l’adolescence, je me souviens d’une jeune fille passive, qui était souvent dans l’attente. Attendre un appel, attendre une invitation, attendre que les choses se placent d’elles-mêmes, attendre que les opportunités viennent à moi. J’étais très timide et j’avais des peurs hautes comme de grands édifices.
Dans la vingtaine j’ai eu mes enfants. Ce rôle me valorisait beaucoup et m’investir totalement dans ma vie de famille dans les décennies suivantes m’a rendue très heureuse. Le même investissement dans mon travail dans un cadre de stabilité et d’ouverture sur le monde ( le monde étant ma clientèle) me convenait parfaitement puisque mon milieu de travail comportait beaucoup de libertés et de créativité.
Par la suite, j’ai pris plus de confiance en moi, j’ai gagné en assurance et ça m’a permis de changer ma vision des choses. Maintenant quand je veux quelque chose, je vais le chercher, je l’attire vers moi. Je suis plus dans l’action. J’adore l’imprévu, la spontanéité, me faire surprendre par la vie. Je saute à pieds joints dans les projets. J’accueille les opportunités inattendues, les occasions inespérées.
Il m’arrive encore parfois d’avoir des attentes et d’être déçue, c’est dans ma nature mais je me dis rapidement que ce qui arrive est souvent pour le mieux, que quelque chose de surprenant m’attend dans le détour. J’aime bien être déstabilisée, devoir réajuster le tir, sortir de ma zone de confort, de mes pantoufles. Certaines personnes en vieillissant gèrent moins bien le stress que les imprévus génèrent . Pour ma part, c’est le contraire, à 55 ans j’ai les outils et la capacité de trouver des solutions à tout.
Faut bien trouver des avantages à avancer en âge! Ma vie à 55 ans est belle et parfaitement imparfaite! J’en suis totalement responsable. Je l’ai créée à mon image, je l’ai façonnée selon mes goûts et mes passions. Beaucoup plus dans le ici et maintenant. Ça peut paraître cliché mais en vieillissant je comprends mieux la vraie signification des leçons apprises de la vie.
Et pour les édifices, j’ai réalisé qu’ils avaient des portes, des fenêtres, des escaliers et des ascenseurs. Différentes façons d’y accéder, de les traverser, différents moyens d’y laisser passer la lumière, l’air et notre propre énergie! ( Mais il m’arrive d’avoir encore le vertige! )
