J’aime, j’aime pas

Quel meilleur moment pour parler de consentement que durant le temps des fêtes. Le moment de l’année où on se sent obligé d’embrasser tous les gens que l’on rencontre. Un peu moins depuis la pandémie et c’est tant mieux. Y’a plus de partys bien arrosés, plus de risques de dérapages. Mettons nos limites.

Je me rappelle quand j’étais jeune et qu’on allait à la messe, je n’aimais pas le moment où le curé nous disait de souhaiter « que la paix soit avec vous » à tous les gens autour de nous, même dans les bancs d’église devant nous et derrière nous. On devait serrer la main ou même embrasser de pures inconnus! Je détestais ça, ça me rendait mal à l’aise. Mais je le faisais quand même…

Abordons le thème du consentement chez les enfants. Ils ne sont pas obligés d’embrasser ou de faire un câlin s’ils n’en ont pas envie. Il ne faut pas envoyer comme message qu’il faut absolument faire ça afin d’obtenir quelque chose. Lorsque je vais voir ma petite-fille, si elle court vers moi pour me faire un câlin, je suis aux anges mais si elle se réveille d’une sieste et qu’elle est réticente à m’approcher, je ne veux surtout pas la brusquer. J’attends que ça vienne d’elle.

La meilleure façon d’apprendre aux enfants à remercier c’est, tout simplement, de dire « merci ». S’ils s’épanchent vers les gens qu’ils apprécient, tant mieux. S’ils n’en ont pas envie, respectons les. Prenons exemple sur les chats. Quand ils n’aiment pas quelque chose, ils le manifestent assez vite!

Je viens d’une famille de bécoteux. Lorsqu’on était 50 personnes au même party, c’était très long embrasser tout le monde en arrivant puis fallait refaire le tour en repartant. Tout le monde se sentait dans l’obligation de le faire. C’était un moment inévitable. À cette époque, on ne se posait pas de questions à ce sujet, c’était normal. On devait bien se comporter même avec le mononcle aux mains trop longues ou avec la matante au menton qui pique. Avec le p’tit cousin qui donnait des bisous plein de bave ou avec une connaissance qui nous enveloppait de son parfum cheap qui restait coller sur nous tout le reste de la soirée.

Mais j’aimais les rassemblements, les pots luck, les jeux, la musique, les chants de ma grand-mère et ma marraine au piano. J’aimais toute cette chaleur humaine et ce sentiment d’appartenance. J’aimais qu’on soit tous réunis, assis par terre à écouter le Bye Bye le 31 décembre.

Quand j’étais petite, ma mère voulait absolument me faire manger du foie. Ma face de dégoût et mes grimaces lorsque j’y goûtais auraient dû lui faire comprendre rapidement que je n’aimais pas ça. Elle a ensuite essayé de m’en faire passer dans le pain de viande. Je détectais le goût tout de suite même si une infime quantité se retrouvait dans ma portion. Même face de grimace!

Mais, j’aimais sa lasagne lorsqu’on revenait de faire du ski de fond au Parc Maisonneuve, j’aimais aussi quand mon père nous amenait pique-niquer au bord de l’eau avec son p’tit poêle Hibachi. J’aimais lorsqu’en revenant d’une veillée dans la parenté, mon père conduisait, mes sœurs étaient assises en arrière, moi au milieu sur la banquette avant, la tête appuyée sur les cuisses de maman et qu’elle me flattait les cheveux. J’aimais ce sentiment de sécurité et d’amour.

Petit lexique du j’aime ou j’aime pas…j’ai un p’tit sourire qui se dessine aux commissures des lèvres ➡️ j’aime. Mes sourcils se froncent et je ferme les yeux ➡️ j’aime pas. Je roule les yeux d’extase ➡️ j’aime. Je sors la langue de dégoût ➡️ j’aime pas. J’ouvre les bras pour accueillir ➡️ j’aime. Je repousse avec mes mains ➡️ j’aime pas. C’est aussi simple que ça.

Que chacun apprenne à détecter les signes de contentement ou d’indifférence. Soyons sensibles et empathiques mais surtout bienveillants envers tous ceux qui nous entourent. Bonne année 2023 avec tout plein de moments « j’aime » !

Publié par Nancie Cousineau

Je suis une coiffeuse et une blogueuse. J'aime écrire des billets d'inspiration selon mes humeurs

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