Mon sourire a été naturel et authentique dès ma jeune enfance. J’étais un bébé sourire mais à cause d’une malformation congénitale aux hanches, ma courte vie a basculé à l’âge de 1 an. En commençant à marcher, je tombais toujours du côté gauche. Mes parents ont été vigilants et m’ont amené voir un orthopédiste. Verdict, les deux jambes dans le plâtre pour une durée minimum de 9 mois pour stopper la croissance d’une hanche versus l’autre.
Malgré cet handicap, je souriais tout le temps paraît-il. J’étais pourtant contrainte dans mes mouvements et je n’ai pu me déplacer librement qu’à l’âge de deux ans. Ça aurait pu être un calvaire pour mes parents mais mon père a usé d’ingéniosités afin de transformer ma chaise haute, ma bassinette et ma poussette pour leur faciliter la vie. Mes parents m’amenaient partout même en camping. J’étais facile et surtout j’avais toujours le sourire aux lèvres.
Déjà, une forme de résilience s’installait en moi. Je m’adaptais. Durant mon enfance, mon sourire a été une façade pour cacher ma timidité. Il m’a souvent sauvée la face ou évitée de mauvaises situations. En alternance, tout au cours de ma vie, mon sourire a été soit un masque, un camouflage, une soupape, un rideau de fer et même agent provocateur. Mon sourire a été utile pour faire diversion. Il m’a sauvée du ridicule, du désespoir, il a parfois masqué ma tristesse. Il a relégué mes soucis aux oubliettes. Mon sourire a été ma roue de secours, ma bouée, l’As dans mon jeu. Il a souvent été ma carte de visite, celui qui entrait dans une pièce avant moi.
Avec mes enfants, mon sourire a toujours été vrai sauf lorsqu’ils me faisaient rire jaune. Leurs sourires étaient contagieux, le mien les rassurait. Il y a une période de ma vie où mon sourire sonnait faux…mais depuis que j’ai retrouvé l’amour, mon sourire est transcendant et indubitable. Il est assumé et véritable. Mon sourire est maintenant ma « Marc » de commerce.
