Lorsque j’étais enfant, nous allions à la messe tous les dimanches mais j’étais plus captivée par les gens autour de moi que par le sermon du curé. J’étais timide mais j’observais beaucoup les looks des dames. La mode des années 70 avait d’quoi attirer mon regard. C’était soit bohème, « peace and love » ou très chargé en matières textiles. Les bruns avaient la cote!
Je me rappelle d’une femme assise en face de moi qui avait la plus belle couleur de cheveux que j’avais vue de ma courte vie. Je devais avoir 10 ans et j’analysais sa chevelure qui ressemblait à la crinière d’un cheval mais avec une qualité plus soyeuse. Elle avait les cheveux châtains avec des reflets caramels et différentes nuances de blonds. L’ensemble de sa chevelure me fascinait. Ses cheveux étaient brillants et lisses. J’aurais eu envie de glisser mes doigts dans ses cheveux pour avoir le plaisir de les toucher et de voir toutes les superpositions de nuances sous-jacentes.
J’ai toujours eu une préférence pour les chevelures aux multiples nuances, ce qui crée plus de profondeur. Les effets de balayage, highlights, lowlights, donnent une richesse et beaucoup de chaleur à une chevelure. Les colorations uniformes et opaques me plaisent moins. Dans mon métier, j’ai toujours cherché à reproduire les effets naturels dans les cheveux. Les enfants, par exemple, ont des reflets naturels produits par le soleil et leur cheveux plus fins, plus jeunes imitent la couleur du miel ou du blé. Ça donne beaucoup de translucidité dans l’ensemble de la chevelure et c’est si beau!
J’observe aussi comment une chevelure grisonne naturellement. J’aime les reflets argentés disposés sur différentes parties de la tête. Certains blanchissent ou grisonnent d’abord en avant ou sur le dessus. D’autres par sections ou bandes. Lorsqu’une cliente avait la chevelure toute blanche, il m’arrivait d’ajouter des mèches grises plus foncées pour retourner en arrière, reproduire sa coloration naturelle une décennie plus tôt. Diminuer ainsi le pourcentage de blanc. J’aimais ce genre de défis.
J’ai même déjà suivi une formation en coloration qui s’appelait « la technique chevaline » qui consistait à mélanger plusieurs reflets chauds et froids pour reproduire la crinière des chevaux. Les animaux ont des couleurs de poils dont on peut s’inspirer. Les chats, les chiens sont des chartes de couleurs impressionnantes!
Suis-je la seule qui s’inspire et qui observe autant les gens et les animaux?
