Si je pense à la vie de ma grand-mère, celle de ma mère, la mienne, maintenant à celle de ma fille avec ses propres enfants…un monde ( principalement de filles) sépare toutes ces générations! C’est le clash des générations.
La nouvelle génération est ultra sensible et très psycho éduquée. Elle prône la bienveillance, l’écoute active, le respect de soi, le respect de son identité propre et ses besoins. Cette génération est plus axée sur elle-même, tournée vers ses envies, ses désirs, ses propres sensibilités. C’est bien correcte de se bâtir une vie pleine et harmonieuse où les loisirs et les voyages occupent une grande place mais est-elle seulement au courant de ce que les générations précédentes ont fait comme défrichage pour leur paver la voie…
Si je capture l’image d’une journée dans la vie de ma grand-mère au siècle dernier, cette mère d’une trâlée de marmots (13), faisait tout mains et maison. Sa couture, sa lessive, son pain, ses ragoûts, l’entretien de son jardin, le labourage de ses champs. Elle allaitait jusqu’à 2 ans chaque membre de sa marmaille et puisqu’elle avait toujours du lait en réserve, elle était nourrice pour les p’tits voisins si leurs mères s’avéraient malades. Ses efforts étaient dirigés vers les autres. C’était l’époque du don de soi. Sur la caricature d’image ( Eh oui, ce n’est pas une erreur d’avoir écrit « caricature ») de la vie d’aujourd’hui par rapport à 75 ans en arrière, la mère moderne évolue dans de jolies cases Instagram. Dans un camaïeu de beiges, son décor est impeccable, elle semble vivre dans un tableau Pinterest. Son enfant porte des Converse miniatures et se balade dans la Roll Royce des poussettes. À chaque anniversaire, un décor fastidieux d’arche de ballons est au cœur d’un thème et d’une mise en scène grandiose où le petit prince ou la petite princesse est à l’honneur.
Une journée dans la vie de nos grands-mères était longue et exténuante. Mais ma grand-mère disait: « Le travail n’a jamais tué personne! ». Elle donnait affection, conseils et une bonne brassée dans ses chaudrons, tout ça dans le même élan sans jamais se plaindre. Lorsque ses enfants dormaient tous à poings fermés tard le soir, elle cousait sur son moulin tous les vêtements dont ils avaient besoin pour être à la fois confortables, au chaud et fiers comme des paons.
Avoir un enfant ou deux dans la société d’aujourd’hui semble tellement plus complexe. Les enjeux sont scrutés à la loupe et remplis d’exaspérations . Les petites filles ( bien trop jeunes) sont de fidèles clientes de Sephora, les garçons ( bien trop jeunes) écoutent de la porno. Bon, je vous entends trouver mes stéréotypes trop genrés. Il se peut que certains petits garçons aiment aussi le maquillage mais pour ce qui est des viols collectifs, ça me surprendrait qu’on accuse plusieurs joueuses d’une équipe féminine de ballon ballet pour le même délit.
Oui! Les temps ont changé! Pas toujours pour le mieux mais, entre la vie dans la petite maison dans la prairie et celle dans un lotissement où les maisons sont toutes pareilles, ne pouvons nous pas trouver une vie saine et équilibré où l’on retrouve le gros bon sens ( oups non, les droits sur ces derniers mots ont été achetés par Pierre Polievre, désolée). Je parlerai plutôt de tête sur les épaules. Les bons parents se font trop rares et tout part de là, c’est la base. Quand j’entends qu’une mère a acheté une arme à son fils alors qu’il avait de graves problèmes émotionnels, qu’un père laisse seule une enfant de 6 ans toute la nuit, ouf! Ce ne sont pas toujours les bonnes personnes qui ont droit à ce grand privilège que celui de devenir parents!
Est-il possible d’être de son temps mais avec les valeurs d’hier? Qu’une femme puisse être féministe tout en développant son instinct maternel…qu’elle se réalise dans sa carrière sans avoir à revendiquer sans arrêt que la personne avec qui elle partage sa vie et/ ou la progéniture qui en découle adopte un minimum d’autonomie dans la distribution des tâches.
Est-il possible de trouver en une seule personne les qualités d’un Charles Ingalls pour le côté humain et un Luc Poirier pour son côté entrepreneurial…un bûcheron qui sait monter des blancs d’œufs en neige ou un spécialiste des valeurs mobilières qui sait faire des tresses à la plus jeune! On est bien à l’aire des multitâches?
Dans ma famille, il n’y a pas de femmes soumises ou reléguées au second plan. Toutes des femmes qui ont tenu les rênes de leur existence bien solidement. Ma grand-mère faisait rouler la maisonnée pendant que mon grand-père partait sur des chantiers. Ma mère était instruite et à toujours mené de front carrière et famille. J’ai fait de même en m’émancipant dans mon travail et dans ma vie familiale sans internet ni cellulaire jusqu’à l’an 2000. Ma fille a les deux pieds dans la conciliation travail/famille et doit composer avec les écrans qui prennent beaucoup de place dans nos vies. La pression sociale est plus forte. Difficile de vivre autrement, faut savoir doser.
À notre époque, une chanson qui se hisse en haut des palmarès comme Flowers, fait vendre bien plus que des albums. Elle fait hausser les ventes chez les marchands de fleurs et fait monter l’estime de tant de femmes. Le girl power prend un nouveau virage.
Désolée pour vous messieurs si je prêche davantage pour ma paroisse mais aux dernières nouvelles j’ai encore une identité de femme binaire.
