Je viens de faire une quarantaine avec ma petite-fille qui couvrait un vilain virus. Plusieurs de mes plans sont tombés à l’eau mais finalement 48 heures à ne rien faire d’autres que de jouer avec elle, la minoucher et m’extasier de ses nouvelles finesses était tout ce que j’avais besoin. Parfois la tournure des événements fait bien les choses. Sortir avec une petite en pleine phase de « terrible two » peut être périlleux et exténuant.
Mes grands-mères ont eu 24 enfants, l’une en a eu 11 et l’autre 13. Ma grand-mère paternelle a eu 65 petits-enfants. Dans leur temps, elles avaient la cinquantaine fatiguée. Ces femmes en avaient lourd sur les épaules. Leurs vies rimaient avec beurre. Beaucoup de labeur. Pendant que l’homme mettait du beurre sur la table, la femme multipliait le pain et grossissait la chaudrée de soupe. Ma grand-mère maternelle, sur une ferme laitière changeait littéralement le lait en beurre!
La vie était difficile et simple à la fois. Aujourd’hui nos vies sont plus faciles en termes de commodités mais plus complexes.
Nous avons facilement accès à la liberté 55. Pas nécessairement pour la retraite mais pour la liberté de choix. La cinquantaine se pare de tout ce qu’on veut bien y mettre. Tout est possible! Des rêves les plus fous aux projets les plus inusités.
C’est pas vrai que 50 est le nouveau 40. Qu’on ne m’enlève pas dix années! Je les ai toutes vécues. Je les ai toutes méritées et chaque ride représente mes joies et mes difficultés.
Mais cette liberté d’ÊTRE est merveilleuse! Être plus près de l’enfant de 5 ans que j’étais autrefois. Pure, spontanée avec une essence et une authenticité propres à moi. Imaginons-nous comme des poupées russes. Chaque poupée représente nos peurs, nos masques, nos protections. En vieillissant, nous nous libérons de chaque poupée afin de retrouver la plus petite, à l’intérieur.
J’ai la cinquantaine allégée. Je me fous davantage de ce que les autres pensent. Je me montre telle que je suis. Vulnérable par moments, avec plus d’autodérision à d’autres. Plus ouverte, moins rigide et moins contrôlante. Je pense au roseau qui se laisse balancer par le vent et qui démontre de la souplesse. Le lâcher-prise ça s’apprend!
La poussière peut bien attendre, concentrons-nous sur l’essentiel car ( comme j’ai lu quelque part), les années qui restent sont plus importantes que toutes celles écoulées!
