Éclipser le superflu

Le soleil est important et indispensable pour tout le monde bien sûr mais certains le craignent. Il crame ou nous ébloui. On le réclame ou on s’en méfie. Le mien a une connotation bien particulière. Il porte différents visages dès l’aube jusqu’au crépuscule. Cet astre « supérieur » fait figure de père. Il veille sur moi, me guide, me touche de ses rayons et influence mon propre rayonnement.

À d’autres moments il me rappelle les étreintes chaleureuses de ma mère lorsque petite je me blottissais dans ses bras. Le soleil est puissant et réconfortant, il est une force tranquille ou un jab sur la mâchoire! Il a le pouvoir d’attirer le regard ou de carrément fermer les paupières.

Le soleil me réchauffe le cœur et l’échine. Je suis souvent à sa recherche au lever ou au coucher. Je consulte toujours une boussole afin de l’attraper au vol. Se lève à l’est, se couche à l’ouest. Je monte sur une colline ou j’atteins le toit d’un édifice. Je longe un cour d’eau ou j’arrête sur le bord de la route. Je fais des détours pour le voir se parer de ses plus beaux atours. J’aime quand le soleil se donne en spectacle, lorsqu’il dessine dans le ciel une illustration à l’aquarelle encore plus belle que la précédente. Il faut être au bon endroit, au bon moment puis, attendre patiemment.

Déjà en secondaire II, à l’âge de 14 ans, je participais à des ateliers d’écriture. J’avais écrit de courtes histoires dans un recueil que j’avais intitulé « Soleil, attends moi! ». Avais-je été illuminée par des envies de voyages, avais-je été inspirée par les magnifiques aurores boréales du ciel Abitibien de mon enfance ou fascinée par la photographie? C’était peut-être à cause des impressionnants couchers de soleil qui avaient attirés mon attention en feuilletant les pages du National Geographic que mon père laissait traîner sur la table à café à la maison.

Je ne me lasse jamais d’admirer le ciel en camaïeu de rose et d’orangé. Chaque jour est unique. Chaque matin offre une nouvelle composition lorsque le soleil apparaît et que ses rayons percent les nuages. Chaque soir lorsque le roi soleil s’incline, il le fait avec élégance et dignité, ses dernières minutes de gloire sont à couper le souffle ou bien aussi discrètes qu’une bougie qui s’éteint.

À quelques jours de l’éclipse totale, qu’aimeriez-vous éclipser de votre vie ou de la vie en général? Il y a tant de choses dont on aimerait faire abstraction pour atteindre plus de sérénité, de paix et de bonheur.

Si j’avais une baguette magique, j’aimerais bien sûr éradiquer les guerres et les maladies graves, la méchanceté et la violence de toute sorte. Mais à plus petite échelle, éliminer le superflu, tout ce qui brime notre liberté ou qui pèse trop lourd dans la balance. Tout ce qui n’est pas nécessaire, des remarques désobligeantes jusqu’aux poussées d’anxiété pour des choses qui n’arriveront jamais.

Il faut faire confiance à la vie comme on fait confiance au soleil. On sait qu’il se lèvera chaque matin et que même si d’épais nuages gris tapissent le ciel, il est toujours là, derrière. Qu’il s’inclinera chaque soir dans une perpétuelle récurrence . Et qu’importe qui nous sommes, qu’importe notre couleur ou nos origines, qu’importe où nous vivons sur la terre, nous observons et nous admirons le même soleil.

Le soleil est comme le cycle d’une vie humaine. Une nouvelle vie se lève, apparaît puis rayonne. Si elle a de la chance, cette vie s’éteindra doucement en tirant sa révérence au bout de sa révolution.

Est-ce que la lune pourrait m’inspirer autant? Je devrai en faire l’exercice un de ces quatre…

Publié par Nancie Cousineau

Je suis une coiffeuse et une blogueuse. J'aime écrire des billets d'inspiration selon mes humeurs

Laisser un commentaire