Qu’importe les chemins que l’on prend, la distance que l’on parcourt, la vie nous fait souvent faire une longue boucle pour nous ramener au point de départ.
Mais quand je parle de point de départ, ça n’a rien à voir avec repartir de zéro. C’est plutôt revenir à un point x mais avec toute l’expérience accumulée.
Un de mes livres de prédilection, « L’alchimiste » aborde justement ce thème. Aller au bout du monde pour chercher des réponses à nos questions alors que l’énigme se résout à deux pas de chez-soi et souvent en soi.
C’est très cliché mais vrai. Le bonheur que l’on cherche en dehors de nous se trouve dans notre for intérieur. Un phare en soi qui nous éclaire, qui rend tout plus limpide.
Par un heureux hasard, je me retrouve aujourd’hui dans une maison à 5 minutes de la première que j’ai achetée en 1990. Là où je me suis affranchie de mes parents et que j’ai débuté mes premiers pas dans ma vie d’adulte et dans mon rôle de mère.
On retourne souvent à nos premières amours, au propre comme au figuré. Certains retournent vivre dans la région où ils sont nés. D’autres reconnectent avec une passion ou un talent qui s’est développé dans l’enfance. On renoue avec un ancien métier, un ancien mode de vie ou un ancien chum. ( ce n’est pas mon cas)
Bien que j’ai la solide conviction d’avoir toujours avancé dans ma vie, ma trajectoire n’a pas toujours été en ligne droite. Bien au contraire. J’ai parfois eu à faire quelques pas en arrière avant d’en faire de plus grands par en avant. Un peu de surplace. Quelques détours. Me retrouver dans un cul-de-sac. Devoir faire demi-tour. Emprunter une route en lacet. Monter une côte abrupte. Descendre à vive allure. Le vent dans face!
La vie, c’est ça. Avec ses hauts et ses bas. Les bas sont des défis et des épreuves qui nous font, ensuite, apprécier les hauts. Et même une journée de «marde» peut être un terreau fertile pour faire germer du positif. Je me rappelle d’avoir été au plus bas, mes batteries complètement à terre, en congé de maladie à cause d’une mononucléose fulgurante et d’avoir eu une idée de génie qui allait améliorer ma qualité de vie. Rien n’arrive pour rien.
Alors le fait de revenir aujourd’hui dans mon ancien patelin, me fait réaliser tout le chemin parcouru depuis ma vingtaine. Chaque décennie où j’ai bossé, bâti, gagné, perdu. Où j’ai aimé, où j’ai sué. Où j’ai donné, où j’ai reçu. Où j’ai ri où j’ai pleuré. Où j’ai assimilé surtout. Chaque décennie a été riche en apprentissages. Je suis fière de mon parcours car la petite fille timide qui n’avait pas confiance en elle, est loin derrière!
Tout ça me rend de très bonne humeur, de Terrebonne humeur même!