Avez-vous déjà entendu parler de la théorie du 80/20? Vilfredo Pareto, un économiste italien a remarqué que 20% de la population détenait 80% des richesses. Le concept a ensuite été étendu par des experts en gestion pour optimiser la productivité et la qualité. On a remarqué qu’en affaires 20% des clients génèrent 80% du chiffre d’affaires et au travail 20% des efforts produisent 80% de la valeur.
Les masculinistes se sont aussi appropriés cette théorie en affirmant que 80% des femmes s’intéressaient à une minorité ( 20%) d’hommes plus séduisants. Certains hommes qui se retrouvent dans le 80% rejetés se disent célibataires involontaires ( les incels). Si on se fie à cette théorie, on remarque donc un déséquilibre fréquent dans différents domaines. Cette injustice sociale sert bien à ceux qui préfèrent se victimiser plutôt que de devenir maître de leur propre destiné.

Moi, je vois la théorie du 80/20 comme une belle illustration que rien n’est parfait dans la vie. Autant dans notre vie personnelle que professionnelle, je constate que le 80% représente le positif, les bons côtés, les avantages et que le 20% englobe les impondérables, les inconvénients.
Être heureux, se sentir sur son X, c’est s’assurer que 80% du temps nous apporte joie et plaisir. Il faut accepter et gérer le 20% de points négatifs. Lorsque notre balance penche plus vers les désavantages, il faut alors se poser des questions et faire des ajustements.
Par contre, le 20% des moments désagréables nous grugent parfois 80% de nos énergies. Je peux facilement vous illustrer ce principe dans mon travail, la coiffure. 80% de mes clientes sont gentilles, pas compliquées et j’ai avec elles des conversations profondes qui me nourrissent. Ce sont des femmes bien dans leur peau qui assument leur âge et qui apprécient le petit coup de baguette magique que j’agite au-dessus de leur tête pour ajouter ce petit plus qui sublime et qui nourrit l’estime de soi.
Mais il y a celles qui se retrouvent dans le 20%. Avec elles, on sait d’avance que c’est peine perdue. Rien ne pourra les satisfaire. Quand la consultation commence par des photos de vedettes sur les réseaux sociaux mais qu’elles ont les cheveux abimés à cause de plusieurs traitements chimiques reçus dans les derniers mois, on sait que répondre aux attentes sera difficile. Plusieurs sont dans le déni capillaire et ne veulent ni entendre ni comprendre la vérité et la réalité des choses. J’essaie d’être le plus honnête possible dans mes explications mais ces clientes trop exigeantes veulent qu’on fasse des miracles. Souvent, on s’approche des objectifs et on atteint de bons résultats mais à quel prix! C’est cher payé pour la cliente et nous en tant que professionnel, on paie de nos ressources mentales et physiques.
Je constate que les clientes difficiles ont toujours un piètre estime d’elle-même. C’est évident, c’est flagrant. Ça saute aux yeux. Elles désirent guérir leurs blessures intérieures en magnifiant leur apparence extérieure. Le remède n’est qu’en surface. La satisfaction est de courte durée si elle ne travaille pas en amont sur leurs problèmes.
J’ai toujours dit que notre métier comporte une grande part de psychologie. Malheureusement, on n’a ni les diplômes ni le temps d’aller au fond des choses. Former des psychologues qui seraient à la fois des coiffeuses serait une profession d’avenir. La chaise de coiffure aide à délier les langues et reçoit tant de confidences, je l’imagine bien dans un bureau de consultation.
En conclusion, le 20% des désavantages de mon métier me donne parfois l’envie de jeter la serviette. Mais le 80% qui m’apporte encore du plaisir à l’exercer me retient. Plutôt que d’abandonner pour une minorité, je garde le cap grâce à la majorité. Focus Nancie!
À mon âge, après 39 ans dans le domaine, j’ai moins de patience pour les cas compliqués. J’ai la «mèche plus courte». Gare à vous!