En pleine ménopause, il m’arrive de faire de l’insomnie. On a tellement le temps de penser dans ces moments-là que ça m’a rappelé mes nuits de jeunesse et celles avec mes enfants. Ils ont 28 et 25 ans alors on recule assez loin…
Avant d’avoir mes enfants, j’ai sorti pas mal. À 16 ans, j’allais danser au First choice à Laval ou à l’Action disco club à St-Léonard. À cette époque on était pas « carté » et je faisais plus vieux que mon âge. En plein hiver, on laissait nos bottes dans la voiture et on rentrait dans le club en souliers à talons hauts. Avec mes amies, on se préparait pendant toute la soirée et on sortait vers 23 heures. On se mettait bien des couches de maquillage et beaucoup de spray net dans les cheveux. J’allais parfois à la « Mansarde » sur Ste-Catherine, c’était les années 80, de la bonne musique et bien du plaisir pour un court laps de temps puisqu’il fallait rentrer avant une heure du matin. On acceptait des lifts de n’importe qui. J’ai pris des risques mais j’ai eu une bonne étoile. Un peu plus tard je sortais au Party à Laval ou au Bourbon street dans l’nord. J’étais un peu plus vieille et je n’avais plus de couvre-feu. J’ai toujours eu ben du fun sans avoir à consommer quoique ce soit, à part un peu d’alcool. Je n’étais pas bien riche, alors je sirotais mon verre pendant des heures. Mais je peux dire que je me rappelle de tout. J’en ai fait des nuits blanches mais pas mal toujours en contrôle de mes moyens.
Quand j’ai eu mes bébés, j’ai été très chanceuse, ils ont rapidement fait leurs nuits. Ma fille, à 6 semaines, mon fils, à 9 semaines. Il faut dire que j’avais un excellent truc et beaucoup de persévérance. Le médecin m’avait dit : » quand ils font une nuit, ils peuvent toutes les faire ». Donc, à partir du jour où mon bébé faisait une nuit, jamais plus je ne donnais de lait la nuit. Il faut leur apprendre rapidement qu’on boit et mange le jour et non la nuit. Une nuit ça peut être 5 heures. De minuit à 5 h du matin par exemple.
Un bébé peut se réveiller pour de multiples raisons, la couche, un malaise, les dents. Je les rassurais, les berçais, leur donnais de l’eau mais jamais de lait. Quand j’entends des parents dire que leur enfant ne fait pas ses nuits à 1 an et qu’ils donnent encore le biberon ou que la maman donne le sein la nuit, je constate que c’est plutôt une mauvaise habitude qu’ils ont instaurée dans la routine de leur bébé. Quel enfant refuserait du bon lait chaud la nuit? Mais s’il n’en reçoit pas, il comprend assez vite qu’il vaut mieux dormir. Voilà, c’est mon opinion.
J’ai eu des bébés merveilleux, qui ont fait leurs nuits rapidement, qui ont aussi été propres assez jeunes et qui n’ont jamais mouillé leur lit mais j’y ai goûté un peu plus tard lorsque ma fille a fait de la terreur nocturne et que mon fils a été somnambule!
Ma fille, vers l’âge de 6,7 ans faisait des cauchemars très intenses et elle se réveillait en panique. Parfois, elle venait nous réveiller et d’autres fois on la retrouvait en train de faire pipi dans le bain ou elle descendait au sous-sol dans un état second. Je la ramenais dans son lit, je la rassurais et puis elle se rendormait. Lorsqu’elle me réveillait en panique, elle avait chaud et elle respirait d’une façon saccadée, elle hyperventilait, faisait des gestes bizarres avec ses mains comme pour se calmer elle-même. Ces cauchemars lui faisaient vivre de l’angoisse. Parfois elle avait peur des monstres comme bien des enfants mais souvent elle disait des choses absurdes qui n’avaient ni queue ni tête.
Le médecin m’a dit qu’à cet âge, le cerveau prend de l’expansion et qu’il est fréquent que les enfants fassent des cauchemars ou du somnambulisme durant cette période. J’avais gagné le « jack pot », ma fille faisait les deux en même temps! Je l’ai parfois cru possédée d’un esprit maléfique tellement ses crises étaient intenses mais quand on comprend mieux la situation, on réagit calmement et ça passe.
Avec mon fils, ça été plus drôle. Il était somnambule de l’âge de 5 ans jusqu’à 14 ans à peu près. Il faudrait que je demande à sa blonde si ça lui arrive encore… Il se levait la nuit en tirant sa couverture avec lui. Il allumait toutes les lumières puis il descendait au sous-sol et il faisait la même chose, il allumait toutes les lumières, il remontait et retournait dans son lit. Parfois, il marmonnait des paroles inaudibles. Je l’ai déjà surpris ouvrant la porte de la maison mais jamais il n’est parti dehors sans que je m’en aperçoive heureusement.
Une fois, il rêvait qu’il jouait à un jeu de pinata, dans ce jeu on a les yeux bandés et on frappe sur la pinata avec un bâton (c’est ce qu’il m’a raconté le lendemain). Alors lui, pendant qu’il rêvait il a tiré sur le chandail de hockey qui était accroché au-dessus de son lit par un bâton de hockey. Il a tout fait décroché à 4 heures du matin, le bâton a fait tomber ses trophées qui étaient sur des tablettes. Bing, bang, tout est tombé, tout a cassé, un gros vacarme en plein milieu de la nuit. J’ai ramassé les objets cassés et la vitre sur le sol de sa chambre. Heureusement, il ne s’est pas blessé.
Plus tard, au secondaire, alors qu’il était en voyage à New York avec l’école, j’ai reçu un curieux appel d’un professeur. En pleine nuit, Jérémie était sorti de sa chambre d’hôtel alors qu’il était strictement défendu de le faire. Son co-chambreur l’avait rattrapé dans le corridor. Jérémie avait prétexté qu’il était somnambule. Le professeur voulait vérifier car les jeunes mentaient souvent pour faire des coups la nuit en voyages de groupe.
La façon de surveiller les jeunes pour les professeurs accompagnateurs était cocasse. Lorsque les jeunes regagnaient tous leurs chambres pour se coucher, les surveillants posaient du tape sur les portes de chambres à l’extérieur, dans le corridor. De cette façon, ils pouvaient voir si certains jeunes essayaient de fuir la nuit pour aller faire la fête. Je n’ai jamais su si mon fils disait vrai ou s’il leur avait servi cette excuse…
Lorsque mon fils avait 17,18 ans, je lui prêtais ma voiture. J’avais commencé à travailler de nuit à TVA, je me levais vers 3 heures du matin. J’avais besoin de ma voiture pour aller travailler. Souvent mon fils et moi , on se croisait dans l’embrasure de la porte alors qu’il rentrait et que moi, je partais travailler. Jamais il ne m’a fait faux bond. Mais j’avais toujours un petit stress. Allait-il revenir à temps?
Mes nuits sont plus tranquilles maintenant. je suis plus sage et disciplinée surtout quand je travaille et que je dois me lever à 2h45. En cette période de pandémie, je suis gâtée et j’apprécie cette pause imposée. Je me couche plus tard et parfois j’arrive à dormir jusqu’à 9 heures. Je me fais des réserves pour le retour au boulot!