Je sais depuis toujours que je suis une grande rêveuse mais je croyais que c’était un gros défaut de fabrication. J’essayais de cacher cet aspect de ma personnalité en demeurant à l’intérieur de la boîte, dans les diktats imposés par la société. Fallait rien laisser dépasser. Pas même un jupon. Fallait surtout montrer que j’étais une fille droite, mature et réfléchie. Ce que j’ai été longtemps…
J’avais ma vie bien rangée puis j’avais mon monde imaginaire. Longtemps j’ai cru que les deux ne pouvaient pas co-exister. On me disait trop que la vie ne se passe pas comme dans les romans et que l’amour ce n’est surtout pas comme au cinéma. Plus je prenais de l’âge et plus je me disais…pourquoi pas! Pourquoi je ne pourrais pas faire de ma vie mon long métrage à moi. Me donner le beau rôle, le rôle principal rien de moins. Pourquoi je me contenterais d’un rôle secondaire dans ma propre vie…
Alors j’ai commencé à écrire les chapitres de ma vie dans un scénario très personnel, plus près de mon essence. Je ne voulais pas jouer dans un navet ni dans une série B. Plutôt dans un fait vécu, authentique et exaltant. Où chaque jour je crée quelque chose spontanément selon mes envies, mes goûts, mes désirs. La trame sonore de ma vie est en harmonie avec les joies et les peines qui ont jalonné mon parcours.
J’ai tant rêvé éveillée puis il y a eu les rêves que je faisais la nuit, que j’arrivais à décoder, à analyser. J’ai même fait des rêves prémonitoires. C’était fascinant mais je n’ai jamais exploité ni alimenté ce don que j’avais peut-être. Mes enfants ont fait des cauchemars et même de la terreur nocturne. J’ai utilisé des capteurs de rêves pour adoucir leur nuit et apaiser leur sommeil. J’étais de nature positive et je trouvais des solutions à chaque problème, j’ai toujours suivi cette voie là. Le sentier le moins fréquenté où on ne prend pas la vie trop au sérieux. Vivre dans la joie et dans la gratitude avec toujours cette part de plaisir relié à l’enfance. Ne jamais oublier la petite fille que je suis à l’intérieur. Avec ses besoins et ses aspirations. Toujours rester en contact avec elle. Ça m’a bien servie.
Je me suis donnée le droit de mettre du rêve et du plaisir dans ma vie. Dans des actions simples comme prendre des clichés ( la contemplation), allumer une bougie (sens olfactif), lire un livre ( voyager), prendre une marche (respirer), danser ( s’amuser), m’offrir un présent ( gratitude), cuisiner (improviser), créer de mes mains, coiffure, artisanat et dans l’écriture bien sûr où je me livre dans l’expression totale de qui je suis.
Un jour je suis allée voir une voyante. Elle m’a décrit avec justesse en deux mots. Rêveuse et sentimentale. Je ne pouvais pas le cacher c’est ce qu’elle a vu à travers moi avant même que j’ouvre la bouche. À quoi bon vouloir balayer sous le tapis ces deux qualificatifs qui me distinguent? Comme la poussière, ça reviendra toujours en surface. C’est moi et cela ne m’empêche pas d’être bien d’autres choses aussi.
C’est pour cette raison que j’aime tant les symboles, les signes, la numérologie, donner un sens à tout, croire que rien n’arrive pour rien. Je ne suis pas pragmatique, je suis tout le contraire. Je ne suis pas cartésienne, mais plutôt à la recherche de magie, en suivant mon instinct, mon intuition. C’est important de se connaître pour ne plus se mettre dans des positions qui nous éloignent du bonheur.

Se connaître, faire le bien et s’améliorer. Je crois qu’on est sur la terre exactement pour ça. Aurais-je assez d’une vie pour y arriver…
Entre temps, je continue de capturer des rêves pour leur donner vie et les rendre miens. S’il y a quelque chose que je veux transmettre à mes petites-filles c’est bien qu’elles sachent plonger dans leur monde imaginaire afin d’y puiser la moindre petite étincelle qui saura allumer le feu de leur bonheur.
Capter des rêves c’est pas sorcier mais les réaliser, voilà le défi!