Notre département s’appelle CCM, pour costumes, coiffure et maquillage mais j’aime bien dire DDM. Je vous en donnerai la signification à la fin.
Sur mon premier blogue, je parlais plus de coiffure et d’anecdotes entourant mon métier. Ça s’appelait Les Muses capillaires. Dans celui-ci, je parle plus de mes états d’âme et de mon regard sur la vie, mes chroniques d’humeur.
Puisque je n’ai pas abordé la coiffure depuis longtemps, je replonge dans le vif du sujet avec vous aujourd’hui. Mais si vous vous attendez à des potins et des confidences croustillantes , vous serez déçus. Ce qui se passe au CCM reste au CCM!
Les personnalités publiques se livrent assez facilement, entre nos mains. J’ai toujours dit que nos chaises sont magiques et que les psychologues devraient les utiliser pour tirer les vers du nez de leurs patients avec plus de facilité. Des confidences et des secrets, on en reçoit à la tonne!
Nous, les coiffeurs, maquilleurs, nous sommes des personnes neutres, ni ami, ni famille, de bonnes oreilles. On en entend des choses! Même si on peut facilement faire les choux gras des sites à potins, on est tenu au secret professionnel. Par contre, je ris intérieurement lorsque je lis certaines spéculations quand je connais la vérité qui est tout autre…
Mais pour ce qui est d’anecdotes originales et drôles, on en vit tous dans nos milieux professionnels. C’est ce qui rend nos journées plus cocasses et nos souvenirs plus mémorables.
Ce midi, à la radio, j’entendais Maripier Morin parler d’un jour de tournage sur LA FAILLE où le réalisateur lui a demandé de courir comme une espionne. Elle se demandait : « mais comment ça coure une espionne? » Ça m’a rappelé une anecdote dans l’temps, sur le tournage du BANQUIER. Notre chef coiffeur, David Damours nous avait demandé de coiffer les beautés dans le style « glam espionnes Russes ». Moi, dans ma tête, « comment c’est coiffée une espionne Russe? » Je n’osais pas avouer que je ne savais pas et on avait pas accès à internet dans c’temps-là. J’ai opté pour un look «old Hollywood waves » en un peu plus austère et l’affaire était Ketchup!
Notre défi, en télévision, c’est toujours de travailler vite et bien. Le résultat doit être beau et symétrique mais fait en un temps record.
Ce que j’aime beaucoup dans mon métier ce sont les retouches qui se font en studio, sur les plateaux, quelques minutes avant d’entrer en ondes. Vous avez pas idée, des blagues qu’on se fait, parfois quelques secondes avant d’être en direct, des situations loufoques, des pépins d’ordre technique ou vestimentaires. Mais dès que la caméra s’allume, que l’émission commence, rien n’y paraît! Y’a une espèce de magie qui fait en sorte que tout se place. C’est tout un privilège quand même, d’avoir accès aux coulisses.
Certains sont au courant de mes frasques, de mes bloopers devant la caméra. Il y a eu cette fois à Radio-Canada à 5h25 du matin. J’étais mélangée, je croyais que l’émission commençait à 5h30 mais ça roulait depuis 5 h. Oups! Et la fameuse fois au Tricheur, l’année dernière où je suis entrée tout bonnement en plein tournage pour jaser avec Guy pensant qu’on était en pause. Il faut dire que tout le monde sur le plateau a trouvé ça très drôle et que le réalisateur n’a rien coupé. Il a gardé ça tel quel au montage. Quand j’ai réalisé qu’on était en ondes, je me suis éclipsée aussi rapidement que Road Runner en tournant les talons mais mes cheveux ont pris plus de temps à suivre. Si on ne vaut pas une risée!
J’aurais dû prendre des notes au courant de toutes ces années. Il y a eu tant de péripéties! Je ne me souviens pas de tout… J’ai surveillé des animaux dont on avait besoin sur un plateau. Chats, chiens, poules de soie, cochons, alpagas et j’en passe. J’ai fait des noeuds de cravates à des invités lorsqu’il n’y avait pas de costumière disponible. J’ai accueilli un livreur de Uber Eat à l’entrée de TVA parce que le journaliste qui avait placé une commande était en ondes au moment où son repas est arrivé. Certains invités me récitent leur texte pour se pratiquer juste avant leur chronique. J’ai crémé le visage de Sam Breton, j’ai crémé les jambes de Patsy Gallant. J’ai appliqué du lipsil sur les lèvres de Pierre Bruneau parce que la maquilleuse n’était pas disponible. J’ai prêté mes boucles d’oreilles à Sophie Thibault 2 minutes avant d’entrer en ondes parce qu’elle avait oublié les siennes. C’est ce qu’on appelle du « multi tâches »!
J’ai tellement ri en m’occupant des perruques sur les émissions « Sans rancune », sur « Chanteurs masqués » et sur « Le Tricheur », pour des artistes qui personnifiaient les BB ou les Classels. Une fois, j’avais laissé une perruque longue et blonde à PY Lord pour qu’il la mette lui-même pour faire une blague à Guy Jodoin mais en ondes il l’a enfilée à l’envers. Le toupet en arrière et les longueurs dans le visage! Au fond, c’était encore plus drôle comme ça !
Pour revenir sur DDM, c’est l’acronyme du Département Des Miracles! Coiffer quelqu’un en 10 minutes lorsque la personne a les cheveux longs et épais. Faire les dernières retouches dans l’ascenseur par manque de temps. Abuser de shampoing sec quand quelqu’un a les cheveux trop gras. Faire disparaître les gros cernes de quelqu’un qui n’a pas dormi de la nuit etc
Faire des transformations et élaborer des déguisements, c’est ce que j’ai aimé le plus de mon métier. J’ai usé de créativité et de débrouillardise. J’aimais vraiment ce genre de défis. Ça tenait parfois du miracle, faire ce qu’on a fait avec les moyens qu’on avait! Vive la télé!
