Dodo l’enfant do

J’ai une facilité à endormir les enfants, particulièrement les bébés. Ce n’est pas un don mais en même temps ce n’est pas donné à tout le monde. Est-ce à cause de mes méthodes? De mon énergie. De mes gestes, du son de ma voix, de mes chhhhh? Je ne sais trop mais ça marche!

Les enfants de ma fille sont difficiles à mettre au lit et comme par magie, moi, je réussi la plupart du temps. Je me rappelle d’une fois quand Estelle avait environ un an, elle pleurait. Pour la consoler et lui faire savoir que j’étais là tout près, je me suis couchée par terre sur la carpette au pied de sa bassinette et je lui ai tenu la main à travers les barreaux. Cela l’a rassurée et elle s’est endormie en quelques minutes.

J’aime beaucoup bercer les enfants. Lorsqu’un enfant s’endort sur moi, c’est un moment de bonheur indescriptible. Une grande plénitude! En mamie accomplie, je connais bien des trucs, brasser doucement, tapoter les petites fesses ( ou la couche), bercer en un mouvement de balancier, caresser le dos, flatter la joue, murmurer une ballade douce et mélodieuse à l’oreille.

Dernièrement dans un chalet, j’ai pris la relève pour endormir Clara, la plus jeune. Ma fille l’avait installé dans son parc tout près du lit. Papa veillait au grain mais elle pleurait depuis 30 minutes. Je lui ai accordé un break et je suis entrée dans la pièce. Dans la noirceur, je lui ai dit que mamie était là. Je me suis étendue sur le lit et j’ai brassé doucement le côté du parc en un léger mouvement saccadé à un rythme régulier.

Elle s’est endormie rapidement et moi aussi par la même occasion, j’en ai profité pour siester. Une heure plus tard, elle s’est assise dans le parc sans pleurer. Croyant que son dodo était terminé, je l’ai prise dans mes bras. Elle a automatiquement déposé sa tête sur mon épaule. Je me suis renversée sur le dos, la petite, face à moi, sur mon torse, les jambes de chaque côté. Elle s’est rendormie. On était bien. Dans la noirceur de la pièce, nos cœurs battaient l’un sur l’autre, sa petite main dans mon cou.

Ce moment fut tout à fait magique par sa douceur et par le souvenir dans lequel cette tendresse m’a replongée. Je me suis revue 32 ans plus tôt dans la même position mais avec ma fille qui dormait sur moi, cette fois-là. Les enfants ont ce pouvoir de nous faire voyager dans le temps comme si ces instants de pures bonheurs étaient arrivés la veille. Souvent à travers eux, je me revois dans tel ou tel situation en tant que mère, le rôle qui m’a le plus valorisée.

Ce n’est pas tout le monde qui comprend l’immensité de ce sentiment. L’instinct maternel, le plaisir que procure la proximité avec des enfants, l’attendrissement envers un bébé ou un jeune enfant, leur douceur, la pureté de leur regard, l’amour à l’état brute, dans son plus simple élément.

Comme ma grand-mère Méléda qui aimait croquer les grosses cuisses potelées des bébés, elle les trouvait « ragoûtants », comme mes parents avant moi qui aimaient prendre soin des enfants, je les adore aussi, ma fille et mon fils, tout autant et je vois déjà naître cet élan d’amour dans le cœur de mes petites-filles. Cela se transmet de génération en génération.

Ce legs, si précieux, gagne la palme d’or dans mon livre à moi! Cet amour et ce respect des enfants est à la base de tout. Si chaque être humain sur la terre avait été aimé et cajolé, si les besoins de chacun avait été comblés, la planète s’en porterait mieux.

Publié par Nancie Cousineau

Je suis une coiffeuse et une blogueuse. J'aime écrire des billets d'inspiration selon mes humeurs

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